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Coupes sombres dans la formation: Des plans d’austérité pour plus d’un milliard de francs

21 mars 2016

© istock.com/hannahgleg

La Confédération prévoit de faire des économies considérables, dont plus de 45 % rien que dans la formation et la coopération internationale. Pire encore, la Confédération et les cantons entendent biffer ces trois prochaines années plus d’un milliard de francs dans la formation, ce qui touchera pas moins de 82 % des personnes suivant une formation de base ou une formation continue. Procéder au plan public à des économies d’une telle ampleur revient à briser un tabou.

 

Jusqu’ici, une règle non écrite voulait que la formation soit considérée comme un investissement porteur d’avenir et on s’accordait pour dire que le succès de l’économie suisse reposait sur l’excellence de ses institutions de formation et de recherche. Pourtant, la Confédération et les cantons n’hésitent plus désormais à entamer la santé financière du système de formation, en prévoyant de réduire drastiquement durant la période de 2017 à 2019 les dépenses affectées à la formation (555,3 millions de francs) et à la coopération internationale (586,9 millions de francs). La somme des économies planifiées se monte ainsi à 1,1 milliard de francs, soit le 45 % des plans d’austérité.1

Procéder à des économies principalement dans les domaines de la formation et de la coopération internationale revient à saper les fondements mêmes du développement durable et de la responsabilité globale.

 

Les cantons, pour leur part, envisagent de nouer des paquets d’économies pour au moins 536 millions de francs2, une opération rendue possible par une série de mesures sans précédent: réduction de l’enseignement, biffage des offres d’encouragement, suppression des classes spéciales et de l’enseignement de la musique. Avec des coupes sombres de l’ordre de 1,1 milliard de francs, le domaine de la formation perdra la première place qu’il occupait traditionnellement au niveau des dépenses publiques. Ces mesures d’économie ne sont pas anodines, puisqu’elles toucheront non seulement 19 % des personnes en formation (1,5 million), mais également 63 % des personnes effectuant une formation continue. Par ailleurs, une telle ponction opérée sur le dos des personnes en formation aura un impact négatif sur les générations futures dans le domaine fiscal, du fait qu’elle diminuera d’autant la chaîne de création de valeur économique et entraînera une réorientation des dépenses publiques vers le secteur des assurances sociales.

 

La CoalitionEducation ONG estime que les propositions d’économies proposées dans le programme de stabilisation 2017-2020 constituent une politique financière à courte vue sans rapport avec une planification stratégique tournée vers l’avenir et axée sur la priorité donnée à la formation. Le grand nombre de mesures à prendre dans le domaine de la formation requiert tout au contraire une augmentation sensible des moyens pour financer la formation professionnelle supérieure, la mise en œuvre de la nouvelle loi sur la formation continue et la prise de mesures d’intégration des réfugiés dans la formation de base et la formation professionnelle.



[1] Loi fédérale sur le programme de stabilisation 2017-2019, art. 4a Efforts d’économies.
[2] Tagesanzeiger du 25 novembre 2015, Sparhammer an Schweizer Schulen.

 

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